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Espaces verts, gestion différenciée

La Ville de Montdidier a mis en place une gestion différenciée des espaces verts (en 2008) et des dépendances vertes des bords de route (en 2009). Certaines zones ont été délimitées pour n’être fauchées que tardivement dans la saison (à l’automne).

Le fauchage tardif (à l’automne) permet à la biodiversité de s’exprimer.

Ces espaces constituent des zones refuges pour la reproduction des espèces animales et végétales. Une gestion appropriée permet de sauvegarder, voire de reconstituer ce patrimoine.

De plus, on connaît mieux à présent l’importance des « corridors écologiques » reliant entre eux différents milieux (bosquet, prairie, mare et même espace vert de quartier ou jardin de particulier géré de façon durable) et permettant ainsi la circulation ou la propagation de la faune et de la flore sauvage.

Certaines espèces comme les crabes, les crapauds, les jonquilles ou les jacinthes des bois ont besoin de corridors continus.

Une interruption de quelques mètres suffit à arrêter leur progression.
D’autres, comme le chevreuil, les oiseaux ou certains végétaux peuvent passer d’un site à l’autre même si le corridor est interrompu sur plusieurs centaines de mètres.
Les bords de route ont une vocation évidente de corridors écologiques.

Le plan de gestion différenciée des bords de route essaie de concilier au mieux la continuité écologique, sans compromettre la sécurité des usagers.

Ainsi, les accotements sont dégagés dès le début de saison pour dégager la visibilité, tandis que les fossés et talus ne sont fauchés qu’à l’automne (excepté au niveau des virages, carrefours et rues étroites, traités dès le début de saison pour des raisons évidentes de sécurité).

Définition :

La gestion différenciée (parfois qualifiée de gestion harmonique, gestion raisonnée durable, gestion évolutive durable, et même de gestion raisonnable en Isère) est une façon de gérer les espaces verts en milieu urbain qui consiste à ne pas appliquer à tous les espaces la même intensité ni la même nature de soins.

Selon cette approche qui s’inspire de techniques agricoles traditionnelles ou de gestions douces comme Prosilva, il est inutile par exemple, voire écologiquement non pertinent de tondre systématiquement et souvent toutes les surfaces enherbées, ce qui conduit à n’obtenir qu’un même milieu (pelouse rase), presque monospécifique, c’est-à-dire banal et très appauvri en biodiversité, ne développant que peu de services écologiques, peu utile pour la faune, hormis pour quelques espèces invasives ou ubiquistes (comme l’étourneau).

La gestion différenciée, dans ce cas, proposera que certains espaces moins fréquentés, aux sols plus fragiles ou écologiquement précieux, soient laissés à eux-mêmes, fauchés ou extensivement pâturés, éventuellement même une fois tous les deux ans sur certaines parties, afin d’y conserver des refuges pour la biodiversité et une plus grande diversité de paysages, alors que d’autres seront intensivement tondus en raison de leurs fonctions ; l’exemple extrême étant celui du terrain de football destiné aux compétitions homologuées.

Cette logique s’accompagne souvent d’une augmentation du taux de végétalisation, de la surface boisée et d’une réduction (ou suppression) de l’usage des pesticides et désherbants et de l’exportation des produits de fauche et de taille (vers unité de compostage, horticulture, agriculture..) ou de leur utilisation locale (mulch, bois raméal fragmenté, compostage sur place, etc.)

L’objectif final est de ne plus utiliser de pesticides dans les espaces verts de la ville.

Cette démarche consiste avant tout en une nouvelle approche et un nouveau regard sur les herbes spontanées, (le terme « mauvaises herbes » est en soi une définition bien arrêtée de certaines plantes... quelques fleurs sauvages sur une pelouse n’ont rien de gênant, ni d’inesthétique).

Cela signifie qu’elle a la propriété de tuer des êtres vivants, par exemple :

• Les herbicides tuent des plantes
• Les insecticides tuent des insectes
• Les fongicides tuent des champignons
• Les rodonticides tuent des rongeurs

Par exemple, le collier antipuce de Médor, le spray anti-moustiques que l’on achète en été, le traitement que l’on applique sur les poutres de la maison, la bouillie bordelaise que l’on pulvérise sur nos pieds de tomates et jusqu’au shampoing anti-poux que l’on applique sur la tête de nos enfants : tous ces produits sont des pesticides !

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